Il y a quelques années, une entreprise aux Émirats arabes unis pouvait fonctionner des années sans comptable, sans ressentir le moindre risque. Ce n’est plus le cas. Avec l’impôt sur les sociétés en vigueur et une Autorité fédérale des impôts (Federal Tax Authority, FTA) de plus en plus exigeante, un simple oubli se traduit désormais en chiffres concrets: 500 AED par mois pour une déclaration en retard, 10 000 pour absence de registres, des majorations annuelles à deux chiffres pour un impôt payé hors délai.
Cet article est une liste complète et structurée des pénalités fiscales aux EAU pour infractions comptables et fiscales à la date de 2026. Nous détaillons les sanctions relatives à la TVA, aux droits d’accise et à l’impôt sur les sociétés, montrons ce que la FTA sanctionne précisément, donnons les montants exacts et citons les Décisions du Cabinet qui les fondent. À la fin: comment éviter les pénalités et que faire si l’avis est déjà arrivé.
Comment fonctionne le système de pénalités de la FTA

Les pénalités aux EAU ne sont pas régies par un seul texte, mais par une chaîne de normes. La base est le Décret-loi fédéral n° 28 de 2022 sur les procédures fiscales, assorti de son règlement d’application (Décision du Cabinet n° 74 de 2023). Les montants précis des sanctions administratives figurent dans deux Décisions du Cabinet.
La première est la Décision du Cabinet n° 49 de 2021, qui a fixé les pénalités pour les infractions à la TVA et aux droits d’accise. La seconde est la Décision n° 75 de 2023, qui introduit les sanctions pour les infractions liées à l’impôt sur les sociétés (Décret-loi fédéral n° 47 de 2022). À part, la loi sur les sociétés commerciales (Décret-loi fédéral n° 32 de 2021) fixe ses propres obligations comptables.
Il est utile d’en comprendre la logique: les pénalités sont soit fixes (un montant déterminé pour le fait de l’infraction), soit proportionnelles (liées à l’impôt impayé et croissantes avec le temps). C’est la seconde catégorie qui est dangereuse: en quelques mois, elle peut dépasser l’impôt lui-même.
Pénalités pour infractions aux registres comptables
Tenir des registres corrects est le socle sur lequel repose tout le reste. En l’absence de livres et de pièces justificatives, l’administration ne peut pas vérifier les déclarations, et cela est sanctionné en soi, que l’impôt ait finalement été acquitté ou non.
Pour défaut de tenue des registres et documents comptables obligatoires, la FTA inflige 10 000 AED pour la première infraction et 20 000 AED en cas de récidive. Cette règle s’applique aussi bien à la TVA (Décision n° 49/2021) qu’à l’impôt sur les sociétés (Décision n° 75/2023): les montants coïncident.
Une sanction distincte concerne la langue. Si le contribuable ne fournit pas les documents en arabe à la demande de la FTA, l’amende atteint 20 000 AED pour la TVA et 5 000 AED pour l’impôt sur les sociétés. L’administration peut exiger une traduction, et le refus équivaut à une non-transmission.
Au-delà de la loi fiscale, l’obligation de tenir une comptabilité est aussi ancrée dans le droit des sociétés. La loi sur les sociétés commerciales impose de conserver les registres comptables pendant au moins cinq ans et prévoit ses propres amendes en cas de manquement ; il convient d’en confirmer les montants en vigueur, car ils sont révisés de temps à autre.
Pénalités de la TVA et des droits d’accise
Les entreprises immatriculées à la TVA font face à l’éventail de sanctions le plus large, tout simplement parce qu’elles déclarent plus souvent et échangent régulièrement avec la FTA. Voici les pénalités clés de la Décision du Cabinet n° 49 de 2021.
Tableau 1 — Principales pénalités TVA et accises (Décision n° 49/2021)
| Infraction | Pénalité (AED) |
|---|---|
| Immatriculation tardive | 10 000 |
| Radiation tardive | 1 000 par mois, jusqu’à 10 000 |
| Déclaration déposée en retard | 1 000 ; récidive — 2 000 |
| Déclaration erronée | 1 000 ; récidive — 2 000 |
| Défaut d’émission de facture fiscale | 2 500 par facture |
| Prix affichés hors TVA | 5 000 |
Le mécanisme de divulgation volontaire (Voluntary Disclosure) mérite une attention particulière. Si une entreprise repère et corrige elle-même une erreur dans une déclaration, avant un contrôle de la FTA, la pénalité est bien moindre que si un inspecteur la découvre. Ainsi, lorsqu’une inexactitude apparaît, il est presque toujours moins coûteux de se déclarer en premier que d’attendre le contrôle.
Les droits d’accise fonctionnent sur les mêmes principes: les infractions à l’immatriculation, à la déclaration et au stockage des produits soumis à accise entraînent des montants comparables. Les entrepôts qui manipulent ces produits sont soumis à des obligations supplémentaires de suivi des mouvements de marchandises et de timbres fiscaux numériques.
Pénalités de l’impôt sur les sociétés
L’impôt sur les sociétés est le domaine le plus récent, et c’est précisément là que trébuchent le plus souvent les entreprises habituées à fonctionner sans aucune déclaration fiscale. Les sanctions sont fixées par la Décision du Cabinet n° 75 de 2023 et sont entrées en vigueur avec l’impôt lui-même.
Tableau 2 — Principales pénalités de l’impôt sur les sociétés (Décision n° 75/2023)
| Infraction | Pénalité |
|---|---|
| Défaut de tenue des registres | 10 000 ; récidive — 20 000 AED |
| Documents non fournis en arabe | 5 000 AED |
| Déclaration tardive (12 premiers mois) | 500 AED par mois |
| Déclaration tardive (à partir du 13e mois) | 1 000 AED par mois |
| Radiation tardive | 1 000 AED par mois, jusqu’à 10 000 |
| Défaut de notifier les changements à la FTA | 1 000 ; récidive — 5 000 AED |
Notez la pénalité pour déclaration tardive: elle court chaque mois et augmente avec le temps. Une entreprise qui oublie de déclarer pendant un an accumulera une somme substantielle par le seul jeu des majorations automatiques, même si l’impôt dû est nul.
Comme pour la TVA, la divulgation volontaire s’applique à l’impôt sur les sociétés. Si le contribuable corrige lui-même la déclaration, une pénalité mensuelle d’environ 1 % s’applique sur la différence. Si la FTA découvre l’erreur après le début d’un contrôle, une lourde pénalité fixe sur la différence d’impôt s’y ajoute.
Pénalités pour immatriculation et radiation tardives

L’immatriculation est le premier écueil des nouvelles entreprises. Pour l’impôt sur les sociétés, la FTA a fixé des délais d’enregistrement clairs selon la date de délivrance de la licence (Décision de la FTA n° 3 de 2024). Le non-respect du délai était sanctionné par une amende de 10 000 AED.
Une bonne nouvelle est venue de 2025. Les EAU ont instauré une exonération de cette pénalité: si l’entreprise dépose sa première déclaration (et les personnes exonérées leur déclaration annuelle) dans les sept mois suivant la fin de sa première période fiscale, la pénalité pour immatriculation tardive est annulée. Il s’agit d’une mesure d’allègement ponctuelle, dont les conditions méritent d’être reconfirmées au moment de la démarche, car les délais et interprétations se précisent encore.
La radiation est la procédure inverse, souvent oubliée lors de la fermeture d’une activité. Le dépôt tardif de la demande de radiation est sanctionné à hauteur de 1 000 AED par mois, plafonné à 10 000, règle identique pour la TVA et l’impôt sur les sociétés.
Intérêts pour paiement tardif de l’impôt
C’est la catégorie la plus perfide, car les montants n’y sont pas fixes mais cumulatifs. Une chose est 1 000 AED pour une déclaration ; une autre, des intérêts qui s’accumulent sur une grosse insuffisance mois après mois.
Pour la TVA et les accises, le schéma est le suivant: 2 % de l’impôt impayé sont dus immédiatement, puis 4 % par mois sur le solde restant, à compter d’un mois après l’échéance. La pénalité globale est plafonnée, mais il vaut bien mieux ne pas y arriver. Pour l’impôt sur les sociétés, une pénalité mensuelle calculée au taux de 14 % par an s’applique sur le montant impayé, pour chaque mois de retard.
La conclusion pratique est simple: si vous ne pouvez pas régler la totalité, il reste préférable de déposer la déclaration à temps et d’en acquitter au moins une partie. Les pénalités de non-dépôt et de non-paiement sont deux majorations distinctes, et elles s’additionnent./p>
Durées de conservation des documents
Même une déclaration irréprochable ne vous sauvera pas si, un an après un contrôle, il s’avère que les pièces justificatives ont été détruites. La législation des EAU fixe des durées de conservation minimales, et leur non-respect est assimilé à une absence de registres.
Tableau 3 — Durées de conservation des documents aux EAU
| Type de documents | Durée minimale |
|---|---|
| Registres de l’impôt sur les sociétés | 7 ans |
| Registres de la TVA | 5 ans |
| Documents immobiliers (TVA) | 15 ans |
| Comptabilité (loi sur les sociétés) | 5 ans |
Le délai court à compter de la fin de la période fiscale ou financière concernée, et non de la date de création du document. Les entreprises du secteur immobilier sont soumises à un délai étendu de quinze ans, un point que promoteurs et bailleurs doivent garder à l’esprit.
Les pénalités que les entreprises oublient souvent
Au-delà des sanctions évidentes liées aux déclarations et à l’immatriculation, il existe un groupe d’infractions qui surgissent de façon inattendue, généralement lors d’un contrôle fiscal. Elles sont souvent sous-estimées, et les montants ne sont pas négligeables.
Entraver un contrôle fiscal est sanctionné à part. Si le contribuable ne donne pas à l’inspecteur de la FTA l’accès aux documents, aux locaux ou aux systèmes pendant un contrôle, l’amende atteint 20 000 AED. Il en va de même pour le défaut de communication, dans le délai imparti, des registres demandés durant le contrôle.
Taire les changements est également pénalisé. L’entreprise doit notifier à la FTA les événements qui imposent de modifier ses données fiscales: changement d’adresse, de forme juridique ou de coordonnées. Le défaut de notification entraîne 1 000 AED la première fois et 5 000 en cas de récidive. Il en va de même de l’obligation de signaler à temps la désignation d’un représentant légal: la responsabilité du retard peut aussi peser personnellement sur ce représentant.
Enfin, le passage à la facturation électronique appelle une vigilance particulière. Les EAU ont approuvé le cadre de déploiement du système de facturation électronique (Décision ministérielle n° 244 de 2025) et, à mesure de sa généralisation, le non-respect des exigences techniques d’émission et de conservation des factures deviendra lui aussi un domaine de sanctions. Les entreprises ont intérêt à préparer leurs systèmes comptables à l’avance.
Comment contester ou réduire une pénalité
Recevoir un avis de pénalité n’est pas un verdict. La loi sur les procédures fiscales prévoit un mécanisme de réexamen (Reconsideration): le contribuable peut déposer auprès de la FTA une demande motivée de réévaluation de la décision dans le délai imparti, pièces à l’appui. Si le résultat ne satisfait pas, le litige peut être porté devant le Comité de règlement des litiges fiscaux, puis devant les tribunaux.
Il existe aussi une procédure d’exonération partielle ou totale des pénalités administratives lorsqu’il existe des motifs valables (la force majeure, par exemple). Mais elle ne doit pas être considérée comme une stratégie: il est bien plus fiable de ne pas commettre l’infraction. Une divulgation volontaire bien préparée vaut presque toujours mieux que de tenter de contester une pénalité déjà infligée après un contrôle.
Comment éviter les pénalités: scénarios pratiques
Chaque entreprise s’expose différemment. Pour une petite structure en zone franche à impôt nul, la priorité est de ne pas manquer l’immatriculation et de déposer la déclaration à temps, même à zéro. Ce sont précisément les pénalités automatiques pour déclaration tardive qui frappent le plus souvent ce type d’entreprises, alors même qu’elles ne doivent aucun impôt.
Les entreprises commerciales et de services dont le chiffre d’affaires dépasse le seuil de TVA doivent tenir leurs factures en ordre et déclarer dans les délais: ici s’accumulent à la fois la pénalité fixe et les intérêts. Et les entreprises en cours de fermeture ne doivent pas oublier la radiation: l’activité ne tourne plus, mais la pénalité de 1 000 AED par mois continue de courir.
Le dénominateur commun est unique: une comptabilité systématique dès le premier jour coûte moins cher que n’importe quelle pénalité. Une comptabilité bien tenue, un calendrier des échéances fiscales et la conservation des pièces justificatives couvrent presque tous les risques de cet article.
Conclusion
Les pénalités pour infractions comptables et fiscales aux EAU ne sont plus une formalité: elles sont concrètes, souvent cumulatives, et se superposent les unes aux autres. Une comptabilité absente, une immatriculation manquée, une déclaration oubliée ou un paiement tardif: chaque point a son prix et, réunis, ils peuvent transformer une petite erreur en une somme sérieuse. Pourtant, presque tous ces risques se lèvent par une seule décision: une fiscalité et une comptabilité bien menées dès le départ.
Si vous n’êtes pas certain que votre entreprise respecte toutes les exigences de la FTA, il est judicieux de mener un audit et de mettre en place vos processus avant l’arrivée du premier avis. Les spécialistes de Dynasty Business Adviser peuvent vérifier votre statut d’immatriculation, reconstituer vos registres, préparer et déposer vos déclarations de TVA et d’impôt sur les sociétés et, au besoin, structurer correctement une divulgation volontaire. Laissez une demande de consultation et nous évaluerons vos risques pour votre situation précise.
Obtenir un conseil
Ce document a été préparé par les experts de Dynasty Business Adviser et a une valeur purement informative ; il ne constitue pas un conseil fiscal ou juridique. Les montants des pénalités reposent sur le Décret-loi fédéral n° 28 de 2022, les Décisions du Cabinet n° 49 de 2021 et n° 75 de 2023 et les décisions connexes de la FTA à la date de 2026. Les taux et les procédures peuvent évoluer: vérifiez les chiffres en vigueur sur le portail de la FTA (tax.gov.ae) ou auprès d’un conseiller.