Résolution du conseil d’administration aux Émirats : notaire

Pauline Familara
Pauline Familara
Administrator
Mis à jour : 21.09.2026
Temps de lecture : 13 minutes
Résolution du conseil d’administration aux Émirats : notaire
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L’ouverture d’un compte bancaire société à Dubaï s’est arrêtée sur une seule page. Le service conformité réclamait une board resolution — la résolution du conseil d’administration désignant nommément qui a le pouvoir de signer et de disposer des fonds. Le client avait le document : papier à en-tête, signature des trois associés, cachet de la société. La banque l’a renvoyé le lendemain avec une mention lapidaire : « not notarised ».

Le scénario est banal. Aux Émirats arabes unis (EAU), cette résolution n’est pas une pièce interne : elle subit un contrôle externe, chez le notaire, auprès de l’autorité de licence, à la banque, parfois devant le juge. Et les critères ne recoupent pas ceux auxquels sont habitués des dirigeants formés à la pratique sociétaire européenne : ce qui fait foi, ce n’est pas le cachet social, mais l’identification du signataire par un notaire en visioconférence et un texte arabe irréprochable.

Reprenons dans l’ordre : quand la résolution notariée est obligatoire, qui la certifie, en quoi la procédure diffère entre le mainland et les zones franches, que faire si l’associé est une société étrangère, et ce que tout cela coûte en temps et en argent.

Board resolution : bien plus qu’un procès-verbal

Résolution du conseil d'administration aux Émirats : notaire, photo 1

Une board resolution est la décision écrite d’un organe de direction actant un acte précis : nommer un gérant, ouvrir un compte, céder des parts, modifier le capital, délivrer une procuration, dissoudre la société. L’équivalent le plus proche : le procès-verbal d’assemblée générale ou la décision de l’associé unique.

La différence tient au statut. Aux Émirats, ce document fonde l’action de tiers. La banque s’appuie dessus pour ouvrir le compte et attribuer les pouvoirs de signature. L’autorité de licence modifie sur cette base la mention du gérant. Le registre foncier enregistre la transaction. Chacun opère un contrôle purement formel : si la signature n’est pas certifiée là où elle doit l’être, l’acte n’est pas passé — sans explication ni marge de négociation.

Deuxième particularité : la langue. L’arabe est la langue administrative du pays. Un document destiné au notaire ou à une administration se prépare en version bilingue — colonne anglaise, colonne arabe — ou s’accompagne d’une traduction certifiée par un bureau agréé. Une traduction maison ou automatique sera refusée au guichet.

Décision des associés et décision des dirigeants : deux organes distincts

Le terme board resolution s’emploie comme fourre-tout, mais les organes sont deux et leurs compétences diffèrent.

La décision des associés ou actionnaires (shareholders resolution) émane des détenteurs du capital. Leur domaine : tout ce qui touche à la société elle-même — composition de l’actionnariat, montant du capital, statuts, liquidation, nomination et révocation du gérant. La décision du conseil ou du gérant (board ou manager resolution) relève de l’exploitation : comptes bancaires, pouvoirs de signature, contrats, procurations, réponses aux appels d’offres.

Se tromper d’organe figure parmi les causes de refus les plus fréquentes. Si les statuts réservent l’ouverture de compte aux associés, un document signé du seul dirigeant sera écarté par la banque, aussi impeccable que soit son sceau notarial.

Quand le notaire est obligatoire, quand la signature suffit

Il n’existe aucune règle imposant de tout faire certifier, et tout certifier coûte cher. Le repère est simple : le notaire intervient là où la décision produit des effets à l’égard de tiers ou modifie une inscription dans un registre public.

Changement d’associés, variation du capital, avenant au MOA, nomination ou révocation d’un gérant sur le mainland, délivrance d’une procuration, opérations immobilières : ces actes appellent presque toujours une certification notariale. Les décisions purement internes s’en passent — validation du budget, répartition du résultat entre associés, désignation d’un auditeur interne, approbation des comptes annuels.

Catégorie à part : les exigences du destinataire. Une banque peut réclamer une résolution notariée là où la loi ne l’impose pas. C’est sa politique de conformité, et la discuter coûte plus de temps que le notaire lui-même.

Tableau 1 — Quand la résolution du conseil exige un notaire

ActeNotaireCommentaire
Ouverture d’un compte sociétéEn règle générale, ouiSelon la politique de la banque
Changement ou entrée d’un associéOuiPlus la mise à jour du registre
Modification du capital socialOuiAvec l’avenant au MOA
Nomination et révocation du gérantOui sur le mainlandEn zone franche, selon ses règles
Délivrance d’une procuration (POA)OuiActe séparé et spécifique
Budget et distribution de dividendesNonDocument interne à la société
Liquidation de la sociétéOuiAvec désignation du liquidateur

Ce tableau donne une logique, pas une liste exhaustive : chaque émirat et chaque zone franche ajoute ses propres exigences. Avant de rédiger, demandez à l’organisme destinataire sa liste de pièces à jour — elle bouge plus souvent que la loi.

Qui certifie : notaire public, notaire privé, et les deux en ligne

Le notariat émirien fonctionne à deux étages. Les notaires publics exercent auprès des tribunaux de l’émirat et du ministère de la Justice. Les notaires privés sont des juristes agréés habilités à dresser des actes notariés, inscrits au registre du même ministère.

L’essentiel sur la procédure actuelle : aucun déplacement. La visite physique a disparu, tout se fait en ligne. Le signataire se connecte en visioconférence depuis n’importe où, présente son passeport ou son Emirates ID à la caméra, confirme le contenu de l’acte — et reçoit la résolution sous forme de PDF assorti d’un QR code. Aucun exemplaire papier avec cachet humide n’existe dans ce circuit.

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Le QR code fait office de preuve d’authenticité : la banque, le registre ou le tribunal le scannent et retrouvent l’enregistrement dans le système — même document, même date, même signataire. Pour un dirigeant, cela règle le problème central : la résolution peut être certifiée depuis Paris, Genève ou Abidjan le jour même où elle devient nécessaire, sans caler l’opération sur un vol.

Les émoluments publics suivent le barème fédéral de la Cabinet Resolution No. 19 of 2024 : de quelques centaines de dirhams pour un acte ordinaire, et pour les actes chiffrés un taux proportionnel plafonné aux alentours de 15 000 AED (soit environ 4 100 USD). Les honoraires d’un notaire privé s’ajoutent à ce droit ; ils se vérifient au moment de la demande.

Tableau 2 — Notaire public et notaire privé : les écarts réels

CritèreNotaire publicNotaire privé
ProcédureEn ligne, visioconférenceEn ligne, visioconférence
Prise de rendez-vousFile d’attente du portailLe plus souvent le jour même
Rédaction du texteÀ votre chargeGénéralement par le notaire
CoûtDroits publics seulsDroits plus honoraires
RésultatPDF avec QR codePDF avec QR code

Le choix se joue sur la vitesse et l’accompagnement, pas sur la nature de l’acte : la sortie est identique. Une résolution standard, au texte déjà rédigé, revient moins cher chez le notaire public. Si les formulations doivent être calées sur les exigences d’une banque précise, ou si l’opération se signe demain, le notaire privé fait gagner des jours.

Mainland, zones franches, DIFC et ADGM : quatre régimes

Résolution du conseil d'administration aux Émirats : notaire, photo 2

C’est ici que naît le plus de confusion. Un seul pays, mais plusieurs régimes documentaires, aux règles divergentes.

Sur le mainland s’applique la loi fédérale sur les sociétés commerciales : les actes passent par le notaire puis par le département du développement économique de l’émirat. Une seule voie existe — la résolution d’une société mainland se fait chez le notaire, aucun autre mécanisme ne lui donne force probante.

Les zones franches — DMCC, IFZA, RAKEZ, Meydan, SPC et des dizaines d’autres — offrent deux options, et c’est la différence de fond. Première voie : établir la résolution par les moyens de la zone elle-même. Le document se prépare sur le modèle de la zone via l’espace client, se signe par les associés et se fait certifier par le registrar — le notaire n’intervient pas du tout. Seconde voie : faire passer la même résolution chez le notaire, comme une société mainland.

Le critère de choix, c’est la destination du document. À l’intérieur du périmètre de la zone franche de Dubaï concernée — changement de gérant, mise à jour des données de licence — la résolution maison suffit : plus rapide, moins chère. Dès que le document sort, vers une banque, un tribunal, le mainland ou l’étranger, la voie notariale est nettement plus sûre.

Le DIFC et l’ADGM vivent sous leur propre droit, d’inspiration anglaise. Les résolutions y sont rédigées au format anglais, la traduction arabe ne s’impose pas et la certification notariale est exigée bien plus rarement — en principe pour les seuls documents appelés à circuler au dehors.

Conclusion pratique : avant de rédiger, ne demandez pas « dans quel pays » le document servira, mais « sous quel régime ».

Décision d’une société mère étrangère : l’apostille ne suffit pas

Configuration fréquente : la société émirienne appartient à une holding à Chypre, au Luxembourg ou à Singapour. La décision de nommer un directeur ou d’ouvrir un compte est prise par la structure mère, et signée hors des Émirats.

Une règle fait alors trébucher presque tout le monde. Les EAU ne sont pas partie à la Convention de La Haye de 1961 sur l’apostille — c’est toujours le cas en septembre 2026. Une apostille, seule, ne légalise rien aux Émirats.

La chaîne est autre. Le document est d’abord certifié par un notaire du pays d’origine. Il passe ensuite au ministère des Affaires étrangères de ce pays. Puis à la section consulaire de l’ambassade des EAU sur place. Une fois importé, il subit l’attestation MOFA auprès du ministère émirien des Affaires étrangères (MOFAIC). Vient seulement alors la traduction juridique en arabe par un bureau agréé.

Cinq étapes, chacune avec son délai et ses droits. Au total, deux à cinq semaines selon le pays, jours fériés et périodes de pointe non compris. Bâtir un calendrier sur une semaine, c’est programmer le retard.

Un contournement existe, souvent moins coûteux : délivrer une procuration notariée EAU à un représentant sur place. La légalisation complète ne porte alors que sur une pièce — la procuration elle-même — et toutes les résolutions ultérieures sont signées par ce représentant sur place, devant un notaire local.

Ce que le document doit contenir

Le notaire contrôle la forme ; la banque et le registre contrôlent le fond. Une bonne résolution répond sans ambiguïté à quatre questions : qui a décidé, sur quel fondement, quoi exactement, et à partir de quelle date.

Le minimum obligatoire : dénomination sociale complète et numéro de licence, date et lieu de la décision, renvoi aux statuts ou au MOA, liste des participants avec leur quote-part, le dispositif de la décision, les signatures et le cachet.

Les formulations méritent une attention particulière. « Autoriser Monsieur Jean Dupont à représenter la société auprès de la banque » est un refus en préparation : on ignore quelle banque, avec quels plafonds et jusqu’à quelle date. La version opérationnelle sonne autrement : « Autoriser Monsieur Jean Dupont, passeport n° …, à ouvrir un compte courant auprès d’Emirates NBD et à disposer seul des fonds sans limitation de montant, sans terme, jusqu’à révocation des présents pouvoirs. »

Délais et budget

Le coût se décompose en trois postes : les droits publics, la traduction vers l’arabe, et les honoraires du notaire ou du conseil, le cas échéant. La légalisation à l’étranger en ajoute un quatrième : les frais consulaires, variables d’un pays à l’autre.

Tableau 3 — Délais indicatifs par scénario

ScénarioDélaiComposition du coût
Résolution par la zone franche1 à 3 joursRedevance de la zone
Notaire public en ligne1 à 3 joursDroits publics et traduction
Notaire privé en ligneLe jour mêmeDroits, honoraires, traduction
Légalisation complète depuis l’étranger2 à 5 semainesCinq séries de droits et traduction

Ces délais valent en régime calme, hors jours fériés et sans reprise après observations. Le devis se calcule scénario par scénario : l’écart entre une résolution faite en zone franche et une holding chypriote à légaliser par voie consulaire atteint facilement un facteur dix.

Cinq motifs de renvoi du document

  1. Le premier, et le plus rageant : ce n’est pas le bon organe qui a signé. Une décision du dirigeant là où les statuts exigent celle des associés — formellement impeccable, juridiquement sans effet.
  2. Le deuxième : une divergence de données. Le nom porté sur la résolution diffère de celui du passeport ou de la licence. Une lettre de translittération, et la conformité gèle le dossier le temps de vérifier.
  3. Le troisième : la traduction maison. Une version arabe sans cachet de bureau agréé n’a aucune valeur, fût-elle parfaitement rédigée.
  4. Le quatrième : des annexes périmées. Beaucoup d’administrations exigent un extrait de registre et une copie de licence de moins de trois mois à la date de dépôt.
  5. Le cinquième : des formulations floues. Un document dont l’étendue des pouvoirs reste incertaine repart, QR code notarial valide ou non.

La suite

Une résolution du conseil d’administration aux Émirats se prépare avant d’en avoir besoin, pas le jour où la banque bloque un virement. La marche à suivre ne change pas : identifiez l’organe compétent, demandez au destinataire le format et la durée de validité qu’il attend, et réservez du temps pour la traduction et la légalisation si le signataire se trouve hors du pays.

Les équipes de Dynasty Business Adviser rédigent et pilotent les résolutions notariées pour les sociétés du mainland comme des principales zones franches des EAU — de la formulation à la certification, la traduction et le dépôt auprès de la banque ou du registre. Écrivez-nous : nous vous dirons quel document correspond à votre opération et combien de temps il prendra.

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    Avertissement. Ce contenu est fourni à titre d’information et ne constitue pas une consultation juridique. Les exigences du notariat, des zones franches et des banques des EAU diffèrent et évoluent régulièrement : vérifiez les règles en vigueur auprès d’un professionnel avant de préparer vos documents.

    Données à jour en septembre 2026.

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    Questions fréquemment posées

    Faut-il faire certifier la board resolution si la société est en zone franche ?

    Pas nécessairement : une société de zone franche a le choix entre une résolution établie par la zone et certifiée par son registrar, ou une résolution notariée. Pour les démarches internes à la zone, la première suffit ; pour une banque, un tribunal ou l’étranger, la seconde est plus sûre. Une société mainland n’a pas ce choix : seulement la voie notariale.

    Peut-on faire certifier une résolution depuis l'étranger ?

    Oui, et c’est devenu la procédure normale. La certification se déroule en ligne par visioconférence, avec identification sur passeport, et le document final arrive en PDF avec QR code. Aucun déplacement aux Émirats n’est requis.

    L'arabe est-il obligatoire ?

    Pour tout document destiné à un notaire public ou à une administration du mainland, oui : format bilingue ou traduction certifiée. Au DIFC et à l’ADGM, l’anglais suffit.

    Combien de temps une résolution notariée reste-t-elle valable ?

    Le document est en principe sans terme s’il n’en fixe aucun. Mais le destinataire — une banque le plus souvent — exige généralement une résolution de moins de trois à six mois à la date de dépôt.

    Une apostille remplace-t-elle la légalisation par l'ambassade des EAU ?

    Non. Les Émirats ne sont pas partie à la Convention de La Haye sur l’apostille : la légalisation consulaire reste nécessaire, suivie de l’attestation MOFA auprès du MOFAIC.

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