Maurice n’est pas un paradis fiscal au sens classique du terme. C’est une juridiction régulée, dotée d’une bonne réputation, d’un vaste réseau de conventions fiscales et d’une structure d’entreprise transparente. Nous verrons ci-dessous à qui convient l’ouverture d’une société à l’île Maurice, quelles formes juridiques sont disponibles, quels impôts s’appliquent en 2026, comment se compose le budget et comment se déroule l’immatriculation, jusqu’à l’ouverture du compte bancaire.
Pourquoi choisir l’île Maurice pour le business international
Choisir une juridiction, c’est toujours arbitrer entre fiscalité, réputation et confort d’exploitation. Maurice tient ici une position affirmée. Le système juridique repose sur le droit anglais, ce qui simplifie les transactions transfrontalières et parle à tous les juristes de la planète. L’impôt sur les sociétés est nominalement de 15 %, mais sur certains revenus étrangers spécifiques le taux effectif descend jusqu’à environ 3 %. Il n’y a ni impôt sur les plus-values, ni retenue sur les dividendes, et il n’existe aucun contrôle des changes.
La réputation mérite un mot à part. Maurice n’est pas un centre offshore « gris » : le pays est sorti de la liste grise du GAFI (FATF) en 2021 et de la liste de l’Union européenne en 2022. Pour les banques et les partenaires commerciaux, c’est décisif : une société mauricienne est perçue comme une structure issue d’une juridiction régulée, et non comme un montage anonyme.
Enfin, le réseau de conventions de non-double imposition (DTA) couvre des dizaines de pays et se révèle particulièrement précieux pour opérer avec l’Afrique et l’Inde. C’est précisément pourquoi Maurice sert historiquement de « pont » vers ces régions. Comparée aux Émirats, où les exigences de substance se durcissent, la création d’entreprise à l’île Maurice s’avère souvent plus souple pour les holdings et les structures d’investissement.
À qui cela convient

Soyons honnêtes : la juridiction ne convient pas à tout le monde. Si vous projetez une activité locale avec présence physique dans un autre pays, il existe des options plus simples. Mais dès qu’il s’agit d’une structure internationale, Maurice révèle tout son intérêt. Créer une entreprise à Maurice se justifie dans plusieurs scénarios :
- Commerce international — la société comme centre de contrats, de règlements et de répartition des bénéfices.
- Structures d’investissement — fonds, holdings, gestion d’actifs.
- IT et digital — SaaS, marketing et sociétés de services sans ancrage géographique.
- Conseil et prestations de services — travailler avec des clients étrangers via une juridiction régulée.
- Accès à l’Afrique et à l’Inde — utiliser Maurice comme plateforme de transit grâce aux conventions DTA.
Si l’objectif se résume à « payer moins d’impôts », mieux vaut envisager d’autres solutions. En revanche, pour structurer intelligemment une activité internationale, Maurice est un choix parfaitement fondé.
Quels types de sociétés créer
La juridiction propose plusieurs formes, et le choix dépend de vos objectifs. Le format de référence pour le business international est la Global Business Company (GBC), assortie d’une licence Global Business Licence (GBL) délivrée par la Financial Services Commission (FSC). Une telle société est considérée comme résidente fiscale de Maurice et accède au réseau de conventions DTA. Depuis 2019, l’ancienne catégorie GBC2 a été supprimée, et c’est le format suivant qui a repris son rôle.
Authorised Company est l’équivalent d’un offshore classique : l’activité et la gestion s’exercent essentiellement hors de Maurice, la société est considérée comme non-résidente et n’y est pas imposée, mais elle reste tenue de déposer une déclaration auprès de l’administration fiscale (MRA). La Domestic Company est destinée au marché intérieur mauricien. À cela s’ajoutent les trusts, pour la protection d’actifs, et les fonds, pour les besoins d’investissement.
| Paramètre | GBC / GBL | Authorised Company | Domestic Company |
|---|---|---|---|
| À qui cela convient | Business international, holdings | Activité offshore hors de Maurice | Marché local |
| Statut fiscal | Résidente, 15 % (eff. jusqu’à ~3 %) | Non-résidente, non imposée à Maurice | Résidente, 15 % |
| Accès aux conventions DTA | Oui | Non | Oui |
| Licence / immatriculation | FSC (GBL) | FSC (autorisation) | Registrar of Companies |
En bref : quand un client dit vouloir « ouvrir une société offshore à Maurice », il s’agit le plus souvent d’une GBC avec licence GBL — parce qu’elle apporte à la fois la réputation et l’accès aux conventions fiscales.
Principales exigences
Les exigences sont ici bien réelles, et elles font partie de la réputation de la juridiction. Pour une société titulaire d’une licence GBL, il faut assurer une présence économique (substance) à Maurice, faute de quoi elle n’obtiendra ni le statut de résidente fiscale, ni l’accès aux conventions DTA. Concrètement, cela suppose plusieurs conditions obligatoires :
- Au moins deux administrateurs résidents — exigence incontournable pour la GBL et pour justifier la substance.
- Un siège social — établi par l’intermédiaire d’un prestataire agréé.
- Un secrétaire de société — obligatoire pour toute société.
- Une activité réelle — la gestion et les décisions clés sont prises à Maurice.
- KYC et due diligence — un contrôle strict des bénéficiaires et de l’origine des fonds.
Les banques examinent la provenance des fonds, le modèle économique, l’activité réelle et la structure internationale de la société. L’ouverture d’un compte exige donc une préparation, et non un simple dépôt formel de documents. Nous y reviendrons plus loin.
Fiscalité à Maurice en 2026
Le régime fiscal est l’une des raisons de la popularité de la juridiction. Pour le business international, il reste confortable, mais depuis 2024-2025 quelques nuances sont apparues, qu’il est important d’intégrer.
- Impôt sur les sociétés — 15 %. Grâce à une exonération partielle (80 %) sur certains revenus étrangers spécifiques — dividendes étrangers, intérêts, revenus de leasing de navires et d’aéronefs, etc. — le taux effectif sur ce type de revenus descend jusqu’à environ 3 %, sous réserve de respecter les exigences de substance.
- Dividendes — 0 %. Aucune retenue à la source sur les dividendes.
- Plus-values — 0 %. Il n’existe pas d’impôt distinct sur les plus-values (pas de CGT) à Maurice.
- TVA — 15 %. Elle s’applique en présence d’un chiffre d’affaires imposable à Maurice.
Il n’y a pas de contrôle des changes, la circulation des capitaux est libre et le reporting est transparent. De nouveaux prélèvements sont toutefois apparus. À compter de l’année d’imposition débutant le 1er juillet 2025, un QDMTT — impôt complémentaire minimum de 15 % s’applique aux structures de groupes multinationaux (MNE) dont le chiffre d’affaires consolidé atteint 750 M€ ; il ne concerne pas les PME ordinaires. Pour les sociétés dont le chiffre d’affaires dépasse 50 millions MUR, une taxe de responsabilité climatique CCR 2% s’applique sur le revenu imposable (depuis le 1er juillet 2024). Quant à la Fair Share Contribution introduite en 2025, elle ne s’applique pas aux titulaires d’une licence GBL — un avantage pour les structures internationales.
| Impôt | Taux | Commentaire |
|---|---|---|
| Impôt sur les sociétés | 15 % (eff. jusqu’à ~3 %) | Exonération de 80 % sur certains revenus étrangers |
| Dividendes | 0% | Aucune retenue à la source |
| Plus-values | 0% | Pas de CGT à Maurice |
| TVA | 15% | En cas de chiffre d’affaires imposable à Maurice |
| QDMTT (grandes multinationales) | 15% | Groupes à CA ≥ 750 M€, à partir du 01/07/2025 |
La charge finale dépend de la forme de la société, du type de revenu et du respect des exigences de substance : mieux vaut donc chiffrer la structure précise lors d’une consultation.
Combien ça coûte

Ce n’est pas une juridiction où l’on peut avancer un seul chiffre et clore la discussion. Le coût se compose de plusieurs postes : droits publics, services du prestataire agréé (administrateurs, secrétaire, siège), accompagnement bancaire et comptabilité. Ne pas les anticiper réserve de mauvaises surprises ; c’est pourquoi nous discutons de la structure des dépenses avec le client dès le départ.
| Poste de dépense | Indicatif (USD) | De quoi cela dépend |
|---|---|---|
| Immatriculation GBL et accompagnement | à partir de 4 500 | Structure, nombre d’associés |
| Administrateurs résidents et secrétaire | à partir de 2 000 / an | Exigence de substance |
| Siège social | à partir de 800 / an | Via un prestataire agréé |
| Ouverture de compte bancaire | à partir de 1 000 | Banque et profil du client |
| Comptabilité et reporting | à partir de 1 200 / an | Volume d’opérations, audit |
| Renouvellement annuel | à partir de 3 500 / an | Type de société |
Point important : chaque projet est individuel, et le coût final se construit toujours selon le cas concret du client — forme de société retenue, type d’activité, structure de détention, exigences de la banque et volume d’accompagnement. Les honoraires de service peuvent donc varier d’un projet à l’autre, et il n’existe pas de tarif universel. Nous établissons un devis exact après une courte consultation, une fois que les objectifs de l’activité et le scénario d’immatriculation sont clairs. Vous payez ainsi pour le volume de travail réellement nécessaire, et non pour un forfait moyen. Et il faut toujours raisonner non seulement sur l’entrée, mais aussi sur l’entretien annuel : c’est ce qui donne une image réaliste.
Délais d’immatriculation
Le processus est ici plus structuré que dans certaines juridictions « express », mais en contrepartie il est prévisible. Si les documents sont préparés correctement, tout avance sans blocage :
- Préparation de la structure — 2 à 5 jours : nous cernons vos objectifs, choisissons la forme de société et validons les détails.
- Immatriculation de la société — 5 à 10 jours ouvrés : dépôt des documents et obtention des données d’enregistrement.
- Ouverture du compte bancaire — 2 à 6 semaines : vérification par la banque, conformité, approbation finale.
Le cycle complet prend en général environ un mois, parfois un peu plus. C’est l’étape bancaire qui est la plus longue — pratique normale, et non problème propre à un dossier. Nous préparons les documents en amont et accompagnons le client jusqu’au résultat, pour que la vérification se déroule sereinement.
Comment créer une société : étape par étape

À première vue, créer une société semble se résumer à déposer des documents et recevoir un certificat. En pratique, les nuances comptent à chaque étape, et c’est précisément aux jonctions entre les phases que surgissent le plus souvent les retards. Nous accompagnons le client dans l’ordre :
- Analyse de l’objectif et de la structure — nous déterminons à quoi servira la société : commerce, investissement, IT ou holding. Tout le modèle en découle.
- Préparation des documents — données sur les bénéficiaires, l’origine des fonds, description de l’activité.
- Immatriculation de la société — nous déposons les documents, obtenons le certificat et posons la base juridique.
- Nomination des administrateurs résidents — exigence obligatoire pour la conformité aux règles.
- Ouverture du compte bancaire — étape clé, sans laquelle la société reste « sur le papier ».
- Mise en route — comptabilité, contrats, activité opérationnelle.
Le processus n’a rien de compliqué, mais chaque phase est liée à des contrôles. Le rôle de l’accompagnement est de sécuriser les transitions entre les étapes, pour éviter pauses et retours de dossiers.
Ouverture d’un compte bancaire : où surgissent les difficultés
L’immatriculation de la société soulève d’ordinaire moins de questions. La banque, en revanche, c’est le plus intéressant. Les banques mauriciennes travaillent selon les standards internationaux et évaluent non seulement la société, mais aussi le bénéficiaire et le modèle économique dans son ensemble. Beaucoup arrivent en s’attendant à une formalité, alors que c’est justement cette étape qui décide si la société fonctionnera réellement. La banque examine la structure de l’activité (qui est le propriétaire et y a-t-il une logique dans le modèle), l’origine des fonds et ses justificatifs, la description de l’activité réelle, la géographie des opérations et l’expérience du bénéficiaire. L’important n’est pas de « deviner les bonnes réponses », mais de construire à l’avance un récit clair. Quand la structure est assemblée avec cohérence, la vérification se passe bien ; quand elle est formelle, la banque le sent. Nous préparons le client en amont : ce que l’on demande, quels documents fournir, comment formuler le modèle économique. Cela fait gagner des semaines, car le scénario type sans préparation, ce sont les retours de dossier et les contrôles répétés.
Documents nécessaires
Ce n’est pas seulement la présence des documents qui compte, mais leur qualité : régulateurs et banques regardent le détail. Le dossier standard comprend :
- passeport et justificatif de domicile — identification de base ;
- CV du bénéficiaire — il montre l’expérience et le lien avec l’activité ;
- description de l’activité — ce que fera la société ;
- justificatif de l’origine des fonds — l’un des points essentiels ;
- relevés bancaires — parfois demandés en complément.
Une fois le dossier constitué, la vérification commence, et la banque examine ici la cohérence d’ensemble : tout se tient-il, y a-t-il des contradictions ? Nous contrôlons le dossier avant dépôt — une étape simple qui améliore nettement les chances d’ouverture du compte.

Comment Dynasty Business Adviser mène le processus jusqu’au résultat
En théorie, tout peut se faire seul. En pratique, la plupart des clients reviennent dès les premières difficultés — le plus souvent à l’étape bancaire. Notre mission n’est pas seulement d’immatriculer une société, mais de vous remettre un outil de travail opérationnel. C’est pourquoi nous prenons en charge l’ensemble du processus : nous analysons l’objectif et choisissons la forme de société adaptée, nous immatriculons sans allers-retours inutiles, nous préparons le dossier bancaire (l’étape où nous apportons le plus de valeur), nous accompagnons jusqu’à l’ouverture du compte au lieu de simplement déposer des documents, et nous aidons au démarrage — comptabilité, contrats, volet opérationnel. Au final, le client n’est jamais seul à aucune étape. C’est particulièrement précieux quand on n’a pas l’habitude des structures internationales : nous réglons les questions qui, d’ordinaire, ne remontent qu’en cours de route.
Prêt à créer votre société à l’île Maurice ?
Maurice convient à ceux qui bâtissent une structure internationale durable : juridiction régulée, taux effectif à partir d’environ 3 % sur les revenus éligibles, absence d’impôt sur les plus-values et sur les dividendes, accès aux conventions DTA et aux marchés d’Afrique. Pour avancer sans refus bancaire ni itérations superflues, confiez la structure et l’accompagnement à des professionnels. Contactez Dynasty Business Adviser : nous choisirons la forme de société, préparerons les documents et mènerons le processus jusqu’à un compte réellement opérationnel.
Obtenez une consultation : ☎️ +971 52 634 1022 · info@dynasty-uae.com
Avertissement : ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal. Les taux d’imposition, les prélèvements et les exigences des régulateurs sont susceptibles d’évoluer. Vérifiez les conditions applicables à votre activité lors d’une consultation individuelle.